Mais ce qui rassure plus que tout, ce sont les retours sur les projets auxquels vous avez participé. Une obligation pour le porteur et pour nous, de l’accompagner à communiquer et à engager sa responsabilité.
Quels types de projets et quelles tendances observez-vous ?
Les crises mobilisent sans faille, séisme, inondations au Maroc (Safi, Ksar El Kébir), de partout dans le monde. Mais l’acte de don n’est jamais automatique : il exige confiance dans le projet, confiance dans son porteur. Ensuite viennent l’éducation, l’enfance, la jeunesse.
Ce qui déclenche l’engagement, c’est rarement le sujet seul, c’est l’approche. Parler du cancer à travers une pièce de théâtre lumineuse et subtile touche plus que la douleur brute. Une page de don simplifiée, une jauge qui monte, des messages qui s’accumulent, des gens qui relaient, tout ça transforme un soutien spontané en acte social. Ajoutez une vidéo, quelques clés des algorithmes des réseaux sociaux, et vous obtenez ce que j’appelle une viralité qui fait battre le cœur et convertit l’émotion en paiement.
Quelles sont vos ambitions pour 2026 ?
Mobiliser le capital au Maroc, c’est un vrai sujet. La frontière entre faire un don et investir dans un petit projet est mince. Notre ambition, depuis le début, est de réveiller un mindset qui existe déjà « la solidarité marocaine » et de lui donner les outils d’aujourd’hui : le digital, la sécurité. Des milliers de milliards de dirhams dorment. Nous voulons les faire participer au développement du pays, en incluant même les plus petits contributeurs.
Nous avons des contributeurs qui ont utilisé leur carte en ligne pour la première fois de leur vie. Vous savez pourquoi ? Parce que quand un lien vous parvient et qu’il parle à votre enfance, à la part de vous qui se reconnaît dans le combat d’un entrepreneur ou d’une personne en situation de handicap, vous voulez foncer, là, tout de suite. Notre rôle : être là quand ce moment arrive.
Cette année, notre ambition est de faire connaître l’outil au grand public, passer à l’échelle avec une vraie campagne de communication, rallier les acteurs institutionnels, et élargir les cas d’usage au-delà du don. Le financement collaboratif au Maroc ne fait que commencer.
